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Addiction au trail

Addcition et trail
Addiction ?

Le trailer est-il un drogué de son sport ? est-ce que la pratique du trail implique une addiction ?

Après l’article sur les trois piliers du trail, voici un complément sur le risque d’addiction pour les trailers.

Le Dr Chabannes, psychiatre, explique que des comportements typiques d’addictions ont été observés auprès d’ultra-trailers. Il détaille son analyse en expliquant les ressorts qu’il perçoit dans la pratique du trail.

La conférence date de 2011 mais je trouve intéressant de se confronter à une vision différente, parfois surprenante (choquante ?) de la discipline. Cette présentation a été organisée par la Société de Secours en Montagne de Saint-Gervais Val-Montjoie et la ville de Saint-Gervais, avec le concours de l’UTMB, le Dr Pierre-Eric Baisse, Mediathletic, et le Dr Jean-Paul Chabannes, Psychiatre à la Faculté de Médecine de Grenoble.

La vidéo dure plus d’une heure, pour l’écouter voici le lien :

 

http://utmbmontblanc.com/fr/tv/5-utmb/1615-de-la-passion-a-l’addiction-dr-chabannes

En résumé rapide, il y a tout d’abord l’explication sur 2 fondamentaux selon lui : la volonté de domination de la nature et l’esprit de compétition.

Le docteur Chabannes explique que l’ultra trailer se lance dans un défi pour lutter contre la nature. Réussir c’est la dominer, échouer c’est perdre.

Les femmes sont plus solidaires que les hommes, qui restent sur une notion importante de compétition les uns par rapport aux autres.

Ensuite, il explique les trois raisons principales de l’expansion du trail.

En premier, le développement des loisirs dans une société où le travail n’est plus un pilier de la société. Ainsi, psychologiquement, la valeur du travail qui nourrit la famille n’est plus celle d’il y a quelques générations. Pour l’homme, être reconnu dans la sphère familiale passe par la réalisation de défi hors normes, tel l’ultra trail.

En second, la société est devenue plus individualiste et le Dr Chabannes retrouve dans le trail ce type de comportements.

Enfin, il y a la notion de recherche du plaisir par le dépassement de soi en sortant du confort quotidien. Cette recherche permet de remettre en question l’existence de vie bien organisée, où le confort implique des dérives telles que l’obésité, le manque de sensations, et des émotions plus édulcorées. Ainsi le trail apporte la possibilité de réussir comme d’échouer, et ce dernier risque qui donne une dimension supplémentaire aux émotions.

C’est ce plaisir, recherché, qui peut conduire à l’addiction notamment si le trailer est dans une optique du « toujours plus ». L’addiction est lié au plaisir avec la volonté que la fois d’après soit encore mieux que la fois d’avant.

Si le trailer devient obnubilé par son objectif, la moindre blessure peut entrainer un état dépressif par le vide créé.

L’addiction se révèle également dans la relation aux autres, notamment à la famille. Si la passion n’est pas partagée, le risque de difficultés sociales d’accroît fortement.

Le risque supplémentaire est de ne plus être assez lucide pour prendre les bonnes décisions : savoir ne pas prendre le départ, savoir s’arrêter, savoir lever le pied,… Etre trop accro implique de ne plus savoir gérer l’éventuelle frustration de ne pas pratiquer.

Est-ce que la passion peut être durable sans addiction ?

Evidemment si on reste dans une pratique modérée et raisonnée. Il faut que la raison puisse maîtriser l’envie et non l’inverse. Ainsi le trailer reste dans une pratique plaisir mais sans tomber dans l’addiction.

La notion de progressivité me semble importante à ajouter. Vouloir réussir après deux ou trois ans de pratique les ultras les plus longs peut participer à ce type de dérive, en plus du risque évident de blessures.

Conclusion

Sans partager toute l’analyse de ce psychiatre, mais je n’ai pas ses connaissances non plus, je trouve intéressant sa vision extérieure sur notre sport. Combien de fois n’ai-je pas entendu que la course à pieds était addictive à cause des endomorphines libérées par les séances d’entrainement. Il pousse le bouchon un peu plus loin.

De toute façon, avec une vie familiale remplie (d’amour et des tâches du quotidien), une vie professionnelle qui occupe a minima 8heures par jour, quelques trajets ici et là, l’envie de s’entrainer matin mdi et soir est bien vite rattrapée par la réalité.

C’est également pourquoi, il faut choisir ses défis avec le bon mélange de raison et d’envie. Ce sera la sujet d’un prochain article.

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