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Courir à m’en taper le cul par terre ! ma SaintéLyon 2017

SaintéLyon

Courir à m’en taper le cul par terre ! ma SaintéLyon2017

 

Avant le départ

Cette SaintéLyon démarre en juillet 2017 lorsque j’arrive à courir 15Km d’une traite et sans douleurs au genou. C’était par un beau temps pas trop chaud, en pleine Ardèche, sur la Dolce via entre collines et rivières, le bruit des oiseaux et de l’eau qui coule. Presque un état méditatif tant tous les éléments permettaient d’être en pleine harmonie.

 

Et comme tout bon coureur, pas de douleur = je peux tenter plus, je peux tenter plus que tout ce que j’ai fait les 18 derniers mois.

Avec un soupçon d’organisation, je vais m’appliquer les bons préceptes que je préconise sur l’état des lieux de ma pratique et mes capacités à me projeter sur un objectif. Lequel ?

Le plus simple ou du moins le plus connu dans mon expérience de coureur, en plus c’est jouer à domicile. Facile : la SaintéLyon

2 arguments supplémentaires ajoutent à ma motivation. Tout d’abord, 2017, 10ans d’ultra dont le 1er en 2007 fût la … SaintéLyon. Ça se fête.

Ensuite, c’est un bon fil conducteur pour mon nouveau hobby, mon blog & podcast sur l’ultra.

Cela démarrera très fort grâce aux premières interviews de Michel Sorine d’Extra sport et Alain Pagot du CTL, au cœur de l’organisation de la course, trop bien.

 

L’avantage d’avoir participé à plusieurs éditions, de connaître le parcours, c’est que je vais programmer un plan d’entrainement à minima. Je vais même attendre le dernier moment pour m’inscrire afin de réussir les tests un par un et valider que le genou ne redevienne pas douloureux. J’aurai une petite alerte lors de la reconnaissance de 35Km. Les parties montantes et descendantes mettent à rude épreuve l’avant du genou. Cela confirme que sur le plat tout va mieux mais que le dénivelé, même faible, s’éloigne de ma future pratique.

 

La veille de la course, le vendredi, je retire mon dossard très rapidement et passe du temps à réaliser de nouvelles rencontres pour le podcast : Bertrand Lellouche, Grégoire Chevignard et Cécile Bertin. Trop cool !

Le samedi, départ avec le train des coureurs. Et oui, le départ du tgv de 17h30 et rempli de coureurs, connus ou non, c’est l’occasion des premières discussions. La suite se déroule au Flore où l’arrivée de l’aller des 180 est saluée comme il se doit.

 

Jusqu’à Saint Christo

On se foire avec les copains pour se retrouver au départ, et de fait dehors à 23h et pris le départ à 00h20. Long d’attendre, surtout que la dernière vague est plus nombreuse que les précédentes. Les premières foulées servent vraiment à se réchauffer et mettre en jambes le bonhomme. Nous avons même eu un incident assez rare, un gars fais un malaise lorsque nous sommes encore assez loin de la ligne de départ. Fort heureusement, il y a ici un secouriste, là un médecin spectateur, puis rapidement les secouristes de l’organisation. Il retrouve ses esprits, mais je ne crois pas qu’il ait été autorisé à prendre le départ.

 

Avant d’attaquer les chemins, il est juste de préciser que les jours précédents la course, la météo a évolué. De sec et peu froid, nous prenons le départ après une vague de neige, un froid glacial et un vent du nord pour avoir un ressenti des plus rafraichissants. Les débats annuels sur le choix des chaussures ont pu être ainsi relancés avec plus de vivacité, en ajoutant un petit plus. Faut-il prendre en plus des chaînes ? Ou pas ?

Pour moi, cela restera chaussures de route sans chaînes.

 

Jusqu’à Saint Christo, ce nouveau parcours est plus large et plus approprié à un peloton dense. Parfait.

Premières rencontres avec des zones verglacées, et surprise, on bouchonne ! Que le niveau de stress des coureurs autour de moi doit être maximal pour se focaliser uniquement sur le chemin. Un petit écart à droite sur le haut côté, et hop de la neige, pas de glace. Je peux courir facilement, « disons que je me règle au rythme des plus lents ».

Quelle progression intérieure j’aurais accomplie ces dernières années ! Fini le stress de bouchonner, éloigné la volonté de faire un temps, juste profiter du temps présent et tant pis pour les quelques minutes envolées telles des flocons légers. Evidemment les larges barrières horaires de cette course favorisent la détente du coureur de fin de peloton que je suis.

Petite erreur à St Christo, je m’embarque dans le ravito. Pourquoi ? Mais pourquoi ? J’ai tout ce qu’il me faut et l’entrée de la tente m’obscurcit la visibilité aussi rapidement que le temps de dire « quelle chaleur ici, m… la buée sur les lunettes ». Vite je traverse et je file.

 

Jusqu’à Sainte Catherine

Voici venir ma partie préférée, jusqu’à Sainte Catherine le parcours est rapide. Le principal danger est d’envoyer un peu trop et de puiser dans les réserves. Les réserves vont bien s’épuiser mais plutôt à cause de ralentissements aussi intempestifs qu’inutiles. Tant pis, je profite, je cherche la pleine lune, mais invisible.

Le stress environnant atteint son paroxysme dans la descente sur Sainte Catherine, ça glisse, un peu, beaucoup sur les dalles mouillées. Rattraper quelques coureurs qui marchotent emmitouflés dans leurs couvertures de survie n’aide pas à remonter le niveau de confiance des quelques coureurs avec moi. Je leur indique ce qu’il reste de descente pour qu’ils puissent relativiser l’effort restant. Arrivé en bas, le plus dur reste à faire. Se frayer un passage jusqu’aux tables de ravitaillements, tout en évitant les belles flaques, les bousculades,… un gentil bénévole m’aide à remplir mes bouteilles. Je ne cherche pas à manger, je repars au plus vite, je me suis déjà bien trop refroidi à mon goût. Surtout que le genou commence à envoyer des signaux qui m’indiqueraient bien de monter dans un bus pour revenir au plus vite au chaud. Vite partir, ne pas réfléchir.

 

Jusqu’à Saint Genou

L’étape qui s’annonce est forcément celle où le verglas sera le plus présent. Et cela ne manquera pas, que d’émotions à gérer son équilibre, à retenir le collègue à droite ou à gauche, à être retenu,… oui, c’est bien la partie où nous avons tous couru à s’en taper le cul par terre. La descente du Signal fût de ce point de vue mémorable, que ces quelques kilomètres furent longs avant de retrouver le bitume. Quelques passages dans les bois, quelques coupes droites dans la boue pour éviter toutes les plaques verglacées. Ah que nous fûmes beaux à travailler notre gainage pieds et mains au sol pour éviter les numéros d’acrobaties.

 

Dès que l’un tombe, la seule question qui vaille « ça va ? », et souvent c’est « oui » autant pour rassurer les autres et se rassurer que l’aventure puisse continuer.

Je « tombe » sur Arclusaz dans cette descente, disons qu’avant d’éventuellement lui tomber dessus, je dirais que oh surprise, je l’entend bien avant 🙂 Quel bavard même au fin fond de la nuit à chercher son équilibre.

Je rattraperai également Franck de Brignais, quelques mots échangés dans ce froid glacial où nous sommes tous refroidis pas la trop faible allure que nous tenons depuis le Signal. Je n’avais pas compris à quel point tu étais dans le dur, que ta décision d’arrêter était déjà prise. J’étais bien trop focalisé sur comment me réchauffer également. Désolé de ne pas avoir été d’un grand support moral.

 

Jusqu’à Soucieu

Ravitaillement de Saint Genou, les tentes sont désormais dehors, c’est mieux pour mes lunettes. Je remplis facilement aux robinets, et c’est reparti. La partie qui s’annonce doit permettre de recourir plus fréquemment, plus facilement. Sauf que les jambes sont fatiguées après 45Km, étrange !

Après j’avance correctement jusqu’à Soucieu. Le plus dur est de se retrouver sans protection des bois vis-à-vis du vent, ça caille quand même ! En réalité, la vitesse est correcte mais je puise dans le mental. Le genou n’a pas vraiment aimé ces glissades, ces montées et ces descentes. Il me le fait payer. Etre focalisé à éviter les chutes m’a évité de laisser l’esprit se centrer sur la douleur au genou. Même si c’est pour mes 10ans d’ultra, ce n’est pas assez motivant pour avancer, pour maintenir l’envie. Heureusement, j’ai un élément plus fort qui me permet de visualiser l’arrivée. Ma fille veut me voir à l’arrivée d’une course à Lyon. Je fais le point depuis que la douleur est apparue, elle est présente mais n’évolue pas. Juste un point douloureux, gênant mais qui disparaît presque en courant. Mieux vaut courir que marcher, vite dit, reste à le faire. Les cuisses entrent dans le débat. Comme beaucoup, je vais alterner course et marche en me rappelant dès que nécessaire le pourquoi je veux finir.

 

Jusqu’à Chaponost

La partie jusqu’à Chaponost est agréable, je retrouve un moment de relative euphorie et Chaponost arrive assez vite. Quel plaisir ce nouvel emplacement dans le gymnase, très agréable ! Le plus dur est fait, il va maintenant falloir rallier l’arrivée. La fatigue me rattrape, alors je réduis mes objectifs à de petites portions pour maintenir un rythme, le plus dynamique possible. En réalité, le moins marché possible.

 

Jusqu’à ma fille

Je visualisais bien le tracé jusqu’aux aqueducs de Sainte Foy, la montée fût longue mais moins qu’avant puisque nous bifurquons à droite. Ouf !

Par contre, j’en bave dans la petite remontée après l’accrobranche (en fait à côté, je n’ai pas fait de parcours). Et enfin les escaliers qui ramènent au   fleuve. Je sais que je suis arrivé mais qu’est-ce que c’est long sur ces quais pour trouver enfin ce pont à traverser.

La famille est prévenue, ils sont un peu avant l’arrivée. Quel plaisir de les voir, ma fille est heureuse. Elle m’envoie, sans s’en rendre compte, une sacrée émotion. En repartant, jusqu’à la ligne d’arrivée, j’en ai les larmes aux yeux.

 

Encore une fois, le mental est une ressource précieuse lorsque tout ne se passe pas comme prévu. L’ultra m’a apporté cette dimension énorme, qu’il est facile d’utiliser dans d’autres domaines.

 

Cette SaintéLyon a été ma plus longue des 5, la plus émotive avec celle de 2007. Quel joie d’avoir fini !

Reste à analyser la récupération du genou pour savoir quel objectif je pourrais me fixer pour 2018.

 

 

Si je tire un bilan plus structuré de cette course, voici quelques points que je peux retenir :

  • Avoir un pourquoi fort, qui permet de dépasser les moments durs
  • Avoir le soutien familial
  • Un plan d’entrainement adapté à l’objectif (distance, durée prévisible) focalisé sur la vitesse spécifique
  • Conserver le plaisir d’être là, de participer
  • Des routines sur le mental testées et éprouvées, assez de recul pour les utiliser
  • Avoir un matériel adapté et testé au préalable

 

Données techniques :

Tenue :

  • Bonnet
  • Buff pour le cou
  • T shirt ML Mizuno « anti froid » + Haut ML Kalenji + Polaire sans manche + coupe vent léger (mis / enlevé en fonction du vent)
  • Chaussettes de rando
  • Asics Ziruss

 

Temps de passage

  • Saint Christo – 1h55
  • Sainte Catherine – 3h53
  • Saint Genou – 6h34
  • Soucieu – 8h14
  • Chaponost – 9h43
  • Lyon – 11h28

 

 

 

 

 

 

 

2 réflexions au sujet de « Courir à m’en taper le cul par terre ! ma SaintéLyon 2017 »

  1. Joli récit! Ah le plaisir de voir sa famille à l’arrivée c’est une sacrée source de motivation! Je n’ai pas eu cette chance car je suis arrivé plus tôt que prévu. @+,

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