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Les 10 causes d’un abandon en ultra

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Les 10 causes d’un abandon en ultra

L’abandon provoque des sentiments complètement à l’opposé du plaisir de franchir la ligne d’arrivée. Quels sont les principaux facteurs d’abandons ? Et comment gérer la suite ? c’est que je vais te détailler dans cet article. L’idée de creuser ce sujet fait suite à la proposition de Mickaël du blog Courir un Trail qui organise une compilation d’articles sur le thème « Gérer l’abandon ». Je diffuserais prochainement une compilation de tous ces articles.

 

A partir de quand considérer un abandon ?

Si je prends l’exemple de l’ultra tour du Beaufortain que je raconte dans Mon meilleur raté, je ne considère pas avoir abandonné. Je suis arrivé au-delà des barrières horaires, mais je n’ai pas lâché l’affaire pendant toute la journée. J’ai refusé toutes les propositions des bénévoles de m’arrêter pour aller au bout de ce que je pouvais faire ce jour-là. Par la suite, j’ai dû gérer cette immense déception, cela m’a pris du temps et j’en ai tiré 6 enseignements. Un abandon ne se résume donc pas simplement à ne pas avoir terminé la course.

D’ailleurs le dictionnaire donne comme définition pour le sport : « Le fait de renoncer à poursuivre une compétition ». La notion de renoncement implique le choix, parfois contraint, de rendre son dossard.

Si tu ne le sais pas, ne jamais rendre son dossard en arrivant à un ravitaillement en plein coup de moins bien. Il faut prendre le temps de se restaurer, se reposer, d’analyser la situation plus calmement, de passer un coup de fil si possible avant de prendre une décision. Un abandon trop rapide est toujours source de regrets à peine quelques heures plus tard.

 

Les 10 causes d’abandon

Sur l’UTMB 2018, il y a eu 783 abandons recensés, dont ceux arrivés après les barrières horaires. C’est 28% des partants, un chiffre relativement stable mais très météo dépendant. Tiens on a là un premier facteur : la météo. Trop chaud, trop froid, beaucoup de pluie, sont des éléments qui nous sortent de notre zone de confort, qui perturbent les organismes et provoquent des abandons. On retrouve les effets provoqués par les conditions météorologiques dans l’étude pendant l’UTMB 2009. Les principales causes d’abandons sont :

 

  • Problèmes orthopédiques : entorse, fracture, déchirure musculaire, tendinite, contracture, crampe, …
  • Problèmes métaboliques : sang dans les urines, déshydratation, fatigue extrême, hypoglycémie, malaise vagal, hypothermie, …
  • Problèmes digestifs : douleurs abdominales, nausées, vomissements, diarrhées,…
  • Problèmes de peau : plaie, dermatite,…

D’autres facteurs relevés pendant l’étude ne donnaient pas lieux à des abandons, mais cela peut arriver :

  • Problèmes respiratoires : essoufflement, augmentation du rythme respiratoire
  • Problèmes neurologiques : migraines, céphalée
  • Autres : palpitations, douleur oculaire,…
  • Allergie

A cela j’ajouterais quelques autres causes d’abandon, qui sont liés avec les précédents. Parfois la question qui peut se poser, d’ailleurs on a le temps de se poser des questions dans le bus qui nous ramènent, qui de la poule ou de l’œuf était le 1er ? Quoi à provoquer quoi et dans quel sens ?

Par exemple, j’ai des fortes douleurs à la poitrine, j’ai du mal à respirer. J’abandonne donc à Bertone pour une cause respiratoire. En fait, tout cela était provoqué par une gentille abeille qui m’a piqué avant la course et malheureusement je suis allergique !

  • Pas de jus

Tout simplement, cela peut être un jour « sans ». Pourquoi ce jour-là, est-ce dû à l’entrainement (trop ? Pas assez ?), le repos d’avant course (trop ? Pas assez ?), l’alimentation, des trucs qui tournent dans la tête,… bref pas de rythme, pas de vitesse et soit tu tiens en espérant que la machine reparte à un moment ou que les barrières horaires t’arrêtent, soit tu rends le dossard et tu essayes de profiter du reste du week-end.

  • Entrainement

L’entrainement est facteur important de risque d’abandon. Etre en sur-entrainement pour essayer de mettre toutes les chances de réussites de son côté, et c’est la blessure quasi assurée. J’ai connu ça, je n’ai pas eu à abandonner puisque je n’ai même pas pu prendre le départ (SaintéLyon 2008SaintéLyon 2009). C’est devenu très important pour moi, en période d’entrainement, quand il y a des douleurs qui pointent le bout de leurs nez, je me rappelle que le 1er objectif est de prendre le départ.

 

Si tu penses à d’autres causes d’abandon que j’aurais oublié, n’hésites pas à m’envoyer un message à franck@objectiftrail.com pour que je puisse enrichir cet article.

 

Comment gérer l’après abandon ?

Le principal conseil est de prendre le temps de faire une analyse objective et factuelle de ce qui s’est passé. Que les causes soient personnelles (chute) ou externes (météo) voici une série de question qui peuvent t’aider envisager la prochaine course plus sereinement.

Chaque course est un apprentissage, et comme chaque ultra comporte sa part d’imprévus (UTMB 2014). Il est indispensable de savoir analyser sa course, et de savoir en tirer des enseignements. Savoir ce qui fonctionne pour soi est énorme pour réussir.

 

Il faut prendre le temps de répondre à cette série de question, en étant au calme, tranquille, pour bien rester focaliser sur soi, ses émotions, son ressenti.

  • Imaginons que tu as abandonné, voici ce que tu peux te demander :
  1. Que souhaites-tu obtenir après avoir répondu à cette série de question ? (par exemple une 1ère idée / une stratégie / une solution) ?
  2. Quel est ton objectif dans cette situation (la situation qui a provoquée l’abandon) ?
  3. Quand atteindras-tu ton objectif ?
  4. Quels bénéfices tireras-tu d’avoir atteint ton objectif ?
  5. Qui d’autre en profitera et comment ?
  6. Comment seront les choses lorsque tu auras atteint ton objectif ?
  7. Qu’est-ce que tu verras / entendras / ressentiras ?
  8. Qu’as-tu fait en ce sens jusqu’à présent ?
  9. Qu’est-ce qui te pousse à atteindre ton objectif ?
  10. Qu’est ce qui te freine ?
  11. Quels autres types d’options as-tu pour atteindre ton objectif ?
  12. Que pourrais-tu faire d’autre ?
  13. Quels sont les principaux avantages et inconvénients de chaque option ?
  14. Quelle option vas-tu choisir de mettre en œuvre ?
  15. Quand vas-tu commencer chacune des actions que tu as choisi ?
  16. Comment pourrais-tu être aidé et quand vas-tu solliciter qu’on le fasse ?
  17. Sur une échelle de 1 à 10, quel est ton niveau d’engagement à entreprendre ces actions ?
  18. Si tu n’es pas à 10, qu’est-ce qui te permettrais d’y arriver ?
  19. Qu’est-ce que tu t’engages à faire ? (nb : ne rien faire et réexaminer le problème plus tard est également une option)

 

Pour conclure

L’abandon est parfois la meilleure solution pour se préserver. Pour que la course à pied reste un plaisir, il faut rester en état de pouvoir courir. Malgré toute la pression qu’on peut se mettre pour finir un ultra, il arrive que ce soit au-dessus de nos forces ce jour-là. C’est une belle opportunité d’en apprendre un peu plus sur soi, sur ses réactions.

Même si ce ‘est pas simple, réussir à vivre un abandon comme une opportunité de s’améliorer reste la meilleure voie pour ne pas cogiter à outrance.

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